La Galerie Nathalie Obadia a le plaisir de présenter à Bruxelles Ebb & Flow : Perceptions de l'Été, une exposition collective réunissant un éventail d'artistes représentés par la galerie, parmi lesquels Valérie Belin, Roger Edgar Gillet, Quentin Gouevic, Fabrice Hyber, Shirley Jaffe, Hoda Kashiha, Sophie Kuijken, Meuser, Laure Prouvost, Fiona Rae, Sarkis, Joris Van de Moortel, Victoria Palacios et Wang Keping. À travers cet ensemble - combinant photographies, peintures, dessins et sculptures - l'exposition dessine une cartographie de perceptions estivales, entre réminiscences et impressions liées à l'été.
Le visage traverse l'exposition comme un fil discret : il se transforme, se fragmente, jusqu'à parfois s'effacer au profit de l'esquisse. Certaines œuvres en maintiennent encore une forme identifiable - à l'image des photographies de Valérie Belin ou des peintures de Sophie Kuijken et de Hoda Kashiha, bien qu'ancrées dans la fiction - tandis que d'autres n'en conservent que l'empreinte. Chez Roger Edgar Gillet, quelques lignes suffisent : une ébauche, un sourire à peine formé, et déjà une présence advient. Dépouillés de leurs détails, visages et autres portraits apparaissent d'abord comme des seuils : c'est le regard du visiteur qui les constitue, en leur donnant, provisoirement, une identité.
Avec Fabrice Hyber, le portrait s'élargit à un rapport organique au monde : les cycles et les saisons inscrivent le vivant dans un flux continu, entre averses et nouvelles floraisons. Une forme de symbiose où la nature, les corps et les technologies coexistent, se prolongeant dans l'univers de Laure Prouvost où l'onirisme irrigue chaque forme.
Ce glissement progressif de la figure vers sa dissolution quasi totale se prolonge dans les peintures à l'abstraction assumée, comme chez Fiona Rae, Quentin Gouevic et Shirley Jaffe. Ici, le corps cède la place à la peinture elle-même : la mémoire du peintre affleure sous la forme de traces et de strates, comme une archéologie du geste. La couleur s'y déploie avec une intensité remarquable et lumineuse. De la surface picturale à la matière sculptée, cette logique se prolonge dans l'exposition : les impressions fugaces s'y déposent et s'y fixent, comme retenues dans la forme. Des œuvres de Joris Van de Moortel, Wang Keping et Meuser se dessinent ainsi une progression du figuratif vers l'abstrait, où les matériaux eux-mêmes semblent chargés de mémoire, conservant l'empreinte d'expériences passées.
Ainsi, les différentes formes de portraits ne cessent d'opérer des va-et-vient dans ce nouvel ensemble : de la figure à la trace, de l'image à la sensation. Ebb & Flow : Perceptions de l'Été devient alors un théâtre des perceptions, où se jouent - comme dans l'œuvre de Victoria Palacios - les seuils fragiles entre le visible et l'intime, entre ce qui se présente au regard et ce qui se déploie intérieurement.
