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Lu Chao

Black Fruit
January 14 - March 6, 2021
Charles Decoster, Brussels










La Galerie Nathalie Obadia à Bruxelles est heureuse de présenter la nouvelle exposition personnelle Black Fruit de Lu Chao après Black Light, en 2016, dans la galerie parisienne.


L'artiste chinois Lu Chao (né en 1988) a étudié la peinture à l'huile à l'Académie centrale des beaux-arts de Pékin (Chine) jusqu'en 2012. Sous la tutelle du peintre réaliste de renommée internationale Liu Xiaodong, l'artiste a appris à relier sa pratique artistique à la vie réelle. Lu Chao a poursuivi ses études au département de peinture du Royal College of Art de Londres (Royaume-Uni), où il a obtenu son diplôme en 2014 et remporté le prix du Painter-Stainers Goron Luton. Depuis sept ans, l'artiste partage son temps entre Londres et Pékin.


Le travail de Lu Chao est surtout connu pour ses peintures à l'huile dans une gamme de noir et blanc représentant des foules miniatures dans des décors surréalistes. L'artiste met constamment en scène la foule pour interroger la relation entre l’individu et son environnement qui met en évidence l'insignifiance de l'homme face à l'immensité de notre univers, le grand inconnu. À travers des rendus poétiques, le vide exprime chez Lu Chao cette prise de conscience existentielle, ancrée dans le bouddhisme zen chinois, où il ne signifie pas « le néant », mais au contraire « tout ce que nous ne pouvons pas voir ».


Dans sa nouvelle série Black Fruit, le mystère est omniprésent. Les foules sont représentées dans ces seize compositions sous forme de fruits, de gâteaux, de particules chimiques ou en funambules, créant une imagerie fantastique. Observées de près, les expressions faciales des nombreux personnages révèlent à la fois la résilience et les multiples bouleversements éprouvés par l'humanité.


L'utilisation solennelle du pigment « noir ivoire » dans sa pratique artistique s'inspire de la tradition picturale chinoise issue des dynasties Song et Yuan, de n’utiliser que l'encre noire pour créer un jeu d'alternance de lumière et de teintes alors considérées comme des « couleurs ». En effet, cette tonalité de noir donne une structure à l'image. Lu Chao explore constamment de nouvelles façons d'élargir ses possibilités graphiques et techniques au sein du langage visuel qu'il a choisi.


L’œuvre Dark Energy No.4 (2020) témoigne de l'influence de la peinture traditionnelle à l'encre de Chine et du jeu d'échelle auquel s’adonne l'artiste. Cela est particulièrement visible par le contraste entre le vaste paysage sombre au bonsaï géant « Penjing » du premier plan et les minuscules figures au sol, complètement éclipsées. Inspirée par le taoïsme, la croyance en la puissance de la nature, cette scène tente de représenter l’énergie sombre qui nous entoure et échappe encore à notre compréhension, pour mettre en exergue la réalité inconsciente de l'humanité.


Grand adepte de la philosophie chinoise, Lu Chao s'est également immergé dans les courants de pensée occidentaux depuis son installation à Londres en 2013. Il se nourrit notamment de l’œuvre de grands maîtres occidentaux comme Rembrandt, Lucian Freud, Goya et Francis Bacon.


Des motifs tels que les ruines représentées dans Relic No.7 (2020) ou la scène apocalyptique de Circulation No.2 (2020) s'inspirent du romantisme européen, tandis que l'œuvre Babel (2020) fait une allusion directe à la Tour de Babel du peintre flamand de la Renaissance Pieter Bruegel l'Ancien qui évoque le péché d’hubris.
De plus, son travail présente des affinités avec les sciences humaines modernes, comme dans la série Funambulist qui rappelle les jeux de ficelle que l’on retrouve entre autres chez la théoricienne américaine Donna Haraway, où la dynamique de la réflexion prend pour schéma ce type de croisements et d’interactions.


Malgré le parti pris de l'artiste de n’utiliser que de la peinture noire, Lu Chao intègre régulièrement, dans certaines compositions, une couleur supplémentaire. Dans Black Fruit, trois œuvres incluent ainsi l’usage du bleu Van Gogh. Fortement influencé par son tableau Almond Blossoms (1890), Lu Chao utilise un bleu clair similaire dans l’idée de véhiculer une sensation d'éveil et de beauté. L’œuvre Black Fruit (2020) est partiellement recouverte de nuances de bleu, mettant en évidence le détail des branches d'arbres, qui portent non pas des fruits mais des visages.


Intéressé par la dimension énigmatique de la vie humaine, les peintures de Lu Chao constituent des rêves étranges qui reflètent une quête de sens. Par un recours de plus en plus audacieux à la couleur noire, l'artiste crée une œuvre où le contenu et la forme vont de pair et se renforcent mutuellement. On ne saurait résumer le travail de l’artiste à la simple fusion des codes chinois et occidentaux, autrement plus complexe et sophistiquée dans sa propension à convoquer des interrogations multiples, à la fois philosophiques et socio-culturelles.


«Black Fruit est la 7ième exposition personnelle de la série noire après Black Forest (2013), Black Mirror (2015), Black Light (2016), Black Box (2017), Black Silence (2017) et Black Dots (2019). L'un des indices qui relie clairement toutes les expositions est le "Noir d'ivoire". La possibilité de points noirs est infinie. Si le point noir est considéré comme une graine, le fruit noir se reproduira à partir de là. Le fruit a des cycles de vie différents et des goûts différents, ce qui métaphorise l'être humain lui-même. Chaque moment affecte nos émotions, tout comme le goût des fruits, nous pouvons nous sentir doux, dur, juteux, sec, sucré, aigre, amer, astringent... Surtout, le fruit n'est pas toujours sucré, mais complexe. Le fruit a un cycle de vie. Il vient, se reproduit, et s'en va. Quand la vie s'achève, la gloire disparaît »


Lu Chao, Octobre 2020