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Agnès Varda

Valentine Schlegel par Agnès Varda
November 5 - December 19, 2020
Cloître St Merri II, Paris










A l’occasion du mois de la photographie à Paris, la Galerie Nathalie Obadia est heureuse de présenter rue du Cloître Saint-Merri un accrochage autour d’Agnès Varda et de la sculptrice Valentine Schlegel. Photographies de l’une et céramiques de l’autre se répondent dans cette exposition qui rend hommage à l’émulation féconde qui a uni ces deux amies.

Née en 1925, Valentine Schlegel rencontre Agnès Varda, de 3 ans sa cadette, qui a fui avec sa famille sa Belgique natale en guerre. Sète devient le théâtre de leur amitié et de leur éveil artistique. Agnès Varda et Valentine Schlegel, «née sur la plage», partagent très tôt un amour inconditionnel pour la mer, une liberté au grand air qui marque leur jeunesse sétoise tout autant que leur art futur. Devenues jeunes femmes, les deux amies se retrouvent à graviter dans le milieu du théâtre : à partir de 1947, Valentine Schlegel travaille comme accessoiriste pour le Festival d’Avignon, auprès du décorateur Léon Gischia. Agnès Varda ne tarde pas à son tour à devenir photographe pour le Festival et le Théâtre National Populaire, une expérience qui lui permet de se familiariser avec ce qui deviendra l’un de ses médiums de prédilection. C’est donc tout naturellement que Valentine Schlegel, en marinière et pantalon de marin, se voit ainsi confier par la jeune cinéaste la direction artistique de son premier film, La Pointe Courte, tourné en 1954 dans le village de pécheurs sétois qui leur est cher.
 

« Il y a eu une autre famille qui m’avait adoptée, les Schlegel.

Je passais avec eux tous mes étés.

Les parents et les trois filles habitaient un balcon qui surplombait notre bateau.

Derrière ces trois volets fermés... les trois soeurs.

Andrée est devenue artiste et a épousé Jean Vilar.

La seconde, Suzou, a été ma cheftaine et m’a initiée à la musique.

J’ai connu Linou la 3ème en 3ème et nous avons partagé pendant 10 ans des voyages,
des découvertes et des 400 coups. »

Agnès Varda


Alors qu’Agnès Varda s’affirme comme photographe et cinéaste pionnière de la Nouvelle Vague, artiste aux multiples talents et vies, Valentine Schlegel se consacre à la sculpture et plus particulièrement à la céramique. Fortement influencée par ses origines provençales et méditerranéennes, il n’est pas rare qu’elle donne à ses assiettes des formes de coquillages et aux cheminées qu’elle modèlera plus tard, des volumes de voiles en poupe. Elle développe dans les années 1950 une série de vases pour laquelle elle associe sa soeur, Andrée Vilar, qui y peint des décors aux motifs antiques. Directement inspirée par la nature, l’artiste poursuit son travail par des céramiques tout en courbes, aux formes anthropomorphes et végétales, évoquant les oeuvres rondes et souples de Jean Arp ou d’Henri Moore. En 1959, Valentine Schlegel vend un vase à des amis, mais ne trouvant aucune place adéquate chez eux pour l’entreposer, elle décide d’habiller leur cheminée en plâtre et d’y créer de nouveaux volumes et espaces. C’est le début d’un travail qui deviendra une véritable signature et qu’elle poursuiva, chez les particuliers, jusqu’au début des années 2000.

Dans les années 1950, Agnès Varda photographie son amie à l’ouvrage, dans les différents ateliers qu’elle occupe, et documente sa production artistique. Cette exposition présente un ensemble d’images inédites, que Rosalie Varda a choisies parmi un large fonds photographique : vues d’oeuvres aux allures de natures mortes, où l’oeil de la photographe épouse avec élégance les volumes sensuels et organiques des céramiques de son amie, et portraits plus intimes, qui ont la saveur nostalgique des souvenirs heureux. On croise ainsi, dans ce parcours, Valentine Schlegel sur la plage, s’amusant à mettre en scène ses couverts sculptés comme des curiosités déposées par l’écume, ou Rosalie Varda bébé, logée au creux d’une cheminée qui semble avoir été moulée sur son petit gabarit.

Rosalie Varda, qui expose d’ailleurs pour la première fois plusieurs céramiques de Valentine Schlegel issues de sa collection personnelle, se souvient :

« Agnès est partie au printemps 2019. Plus ou moins 20 ans auparavant, je ne sais plus très bien, Agnès m’avait donné des assiettes, des plats, des bols, un saladier, un vase, une théière, des couverts en bois, plusieurs petites sculptures, des objets et une sculpture creuse d’une femme enceinte affectueusement signée à l’intérieur ‘‘la maison de Rosalie’’ (...)

Linou si libre, si sauvage, a été une artiste inspirée par la nature et ses éléments.

Elle a d’abord choisi la céramique — sculpter des vases de forme si fluide.
Collectionneuse de couteaux et d’objets populaires, elle aimait fabriquer elle-même ses objets comme ses sandales en cuir ou ses ceintures. Elle a fait des cheminées blanches en plâtre avec des courbes qui dégagent une douceur infinie. Je me rappelle de son énergie solaire, de son caractère parfois brusque, de sa cuisine où elle m’épluchait des
 noix en parlant de tout et de rien. De ses mains si fines et belles. On malaxait ensemble de la belle terre rouge,
on faisait des colombins, on tournait un bol. On riait...
J’aimais faire la sieste dans son hamac.

J’aimais sa maisonnette. C’était un peu la maison de Rosalie.
»
 
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Née à Sète en 1925, Valentine Schlegel vit à Paris.
Valentine Schlegel se forme à l’Ecole des Beaux-Arts de Montpellier avant de s’installer à Paris pour se consacrer à la céramique. L’artiste conçoit ses œuvres comme des sculptures à part entière directement inspirées par la nature. Ses céramiques aux formes à la fois primitives et sophistiquées font de Valentine Schlegel l’une des céramistes les plus importantes des années 50.

Née en Belgique en 1928, Agnès Varda est décédée en 2019 à Paris.
Ayant débuté dans les années 1950 comme photographe pour le Festival d’Avignon et le Théâtre National Populaire, Agnès Varda devient après son premier film La Pointe Courte, en 1954, une des réalisatrices françaises les plus reconnues internationalement, pionnière de la Nouvelle Vague. En 2003 à la Biennale de Venise commence sa vie d’artiste plasticienne. Son travail combine, alterne et met en abîme sa vision et sa pratique de la photographie, du cinéma, de la vidéo et de l’espace.

A l’occasion de cette exposition parait la publication La maison de Rosalie, Valentine Schlegel - Agnès Varda, aux éditions Sébastien Moreu et Atelier Daguerre (2020).