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Sophie Kuijken

June 26 - August 2, 2014
Charles Decoster, Brussels










La Galerie Nathalie Obadia Bruxelles est très heureuse d’exposer les peintures de Sophie Kuijken à l’occasion de sa première collaboration avec l'artiste. Atypiques sont le parcours et les œuvres de cette artiste belge, née à Bruges en 1965, et formée à l'Académie de Gand (K.A.S.K) dont elle sort diplômée en 1988. S’en suivra une période d’introspection et d’isolement qui durera près de 20 ans pendant lesquels l’artiste peint, sans relâche, des portraits, genre qui restera son leitmotiv et le support favori de ses expérimentions picturales.

De ses années de recherches où Sophie Kuijken se coupe volontairement du monde et du marché de l’art, il ne reste rien. L’artiste a tout détruit. Ce geste, pour le moins radical, annonçait une nouvelle étape, cette fois-ci tournée vers l’extérieur. En 2010, s’ouvrent pour la première fois les portes de l’atelier de Sophie Kuijken. Le sésame revient à un important collectionneur belge, qui, troublé par l’œuvre qu’il découvre, décide de partager son émotion avec Joost Declercq. En 2011, le directeur du Musée Dhondt-Dhaenens (Deurle, Belgique) décide de montrer pour la première fois les peintures Sophie Kuijken en lui consacrant une exposition personnelle, qui révèle au public l’existence de ses portraits d’hommes ou de femmes à l’aura si particulière.

L'étrangeté qui se dégage des portraits de Sophie Kuijken vient de la méthode même de l’artiste qui compose ses modèles à partir d’images sélectionnées sur Internet. La recherche informatique s’effectue par mots-clefs : un nom, un lieu, un nombre. En ressort une galerie d’individus dont elle cultive l’anonymat en les compilant entre eux. Les effigies, nées de ce mixage aléatoire, n’ont plus rien en commun avec leurs modèles d’origine. Les portraits peints procèdent donc d’un « recyclage visuel » éloigné de toute réalité formelle, malgré l’impression de vérisme qu’ils dégagent.

Issue d’une famille de musiciens classiques, la notion de vérisme fait d’autant plus écho dans l’œuvre de Sophie Kuijken. Alors que ce mouvement artistique italien de la fin du 19ème siècle tentait de transposer le naturalisme français (Balzac, Zola, Maupassant) et son étude de la société et de la psychologie humaine, aussi bien en musique qu’en peinture, l’artiste belge, elle, transpose dans ses peintures sa vision de la condition humaine. Ses œuvres deviennent son propre roman expérimental. Comme si, à force de retranchements introspectifs, Sophie Kuijken nous livrait l’essence même de l’Être (ses passions, ses doutes, ses questionnements intellectuels, ses folies, ses drames comme sa comédie) à travers ses portraits d’une singularité déconcertante.

La transposition des images numériques au support sur bois s’effectue selon une longue et patiente juxtaposition de couches de peinture à l’huile et à l’acrylique. L’empilement des matières, et l’apposition de glacis que recouvre un vernis, génèrent des déformations morphologiques volontaires telles qu’en usaient les peintres maniéristes de la Renaissance. Une pratique prolongée au 19ème siècle par Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867) qui ajouta des vertèbres à sa célèbre Odalisque, favorisant ainsi l’élégance de la ligne à la rigueur anatomique

La démarche picturale de Sophie Kuijken n’est pas éloignée de celle du maître français en ce sens qu’elle privilégie, à son tour, l’expérience visuelle pure sur toute autre exigence plastique. Le fond neutre de ses portraits, leur cadrage serré, le plus souvent à mi-corps, et le puissant clair-obscur qui modèle et anime ses figures, peut aussi être vu comme une évocation personnelle de l’art du Caravage.

La conception des portraits peut prendre plusieurs mois, Sophie Kuijken répétant les mêmes gestes jusqu’à atteindre une forme d’ « abstraction mentale » qu’elle compare à la « pureté d’un son ». Une métaphore musicale qui n’étonnera guère quand on sait que la famille de l’artiste est composée de musiciens d’envergure internationale. Ses portraits réinventés sont habités par une présence magnétique exaltée par le jeu des regards d’une profondeur insondable. Quand leurs grands yeux noirs plongent dans les nôtres, ils nous touchent d’un trait au cœur et à l’esprit.

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Née en 1965 à Bruges, Sophie Kuijken vit et travaille à Willebringen, près de Louvain, en Belgique.

En 2011, le Musée Dhondt-Dhaenens à Deurle (Belgique) la révélait au public en lui consacrant sa première exposition monographique (catalogue).

En 2012 à Anvers, et 2013 à Knokke, la galerie Geukens & De Vil lui consacrait ses 2 premières expositions personnelles.

Sophie Kuijken participait en 2013 à l’exposition de groupe « XXH » au Musée Dr. Guislain à Gand (Belgique).

En 2014, la Fondation Francès, à Senlis (France) a invité Sophie Kuijken dans son exposition de groupe « Vestige » (jusqu’au 30 Août 2014).

En Mars 2015, le Centre Culturel de Maasmechelen (province du Limbourg, Belgique) lui consacrera sa deuxième exposition monographique. Un catalogue sera édité à cette occasion.