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Michael DeLucia

Projections
October 27 - December 28, 2012
Galerie I, Paris










Michael DeLucia

Projections

27 octobre - 28 décembre 2012

 

La Galerie Nathalie Obadia est heureuse de présenter « Projections », la seconde exposition personnelle de Michael DeLucia à Paris, et sa quatrième collaboration avec le jeune artiste américain qui renouvelle les perspectives de la sculpture à l’âge informatique.

Cette nouvelle série d’œuvres dynamiques – grands panneaux et volumes en bois contreplaqué sculptés à l’aide d’un bras mécanique - s’inscrit dans un corps de travaux que l’artiste développe depuis 2010 pour en livrer sa version formellement et conceptuellement la plus aboutie.

Dégradé de couleurs laissant apparaître la vibration organique du bois, oppositions et complémentarité des tons et des formes, régularité accidentée des multiples sillons creusés par la machine forment une « géologie conceptuelle » qui interroge la faculté d’incarnation de ces œuvres dessinées sur ordinateur, leur capacité à exister non plus seulement sur écran, mais dans l’espace physique habité par le spectateur.

« Je me questionne sur la condition de sculpteur à l’ère technologique », commente Michael DeLucia, qui constate : « on travaille aujourd’hui sur l’ordinateur qui est un lieu abstrait et 99% des gens ne verront l’exposition qu’en ligne ». Pour l’artiste, ce règne des reproductions numériques a transformé la nature même de notre expérience phénoménologique qui ne s’opère plus sans la médiatisation de l’image. Face à ce prisme permanent qui déforme notre perception du réel – sorte de version contemporaine de l’allégorie platonicienne de la caverne - Michael DeLucia crée des objets dont la réalité physiologique se confronte à celle du spectateur, posant « problème dans l’espace » et  « mettant à l’épreuve sa vision du monde ».

Héritier de l’art minimal et conceptuel, Michael DeLucia a structuré sa proposition autour d’un vocabulaire plastique rigoureux, restreignant ses expérimentations à quelques formes géométriques primaires - la sphère, la pyramide, le cône et le plan – et à une palette limitée de laques industrielles  utilisées par les constructeurs pour leur efficacité visuelle.

Dans un effet de contraste appuyé avec l’aspect naturel du bois, le noir, le vert et le bleu ont été privilégiés par l’artiste qui trouve dans ces couleurs une réminiscence des techniques de l’imagerie scientifique : rayons X, photographies satellites, premiers écrans d’ordinateurs, microscopie électronique... S’inspirant de ces images générées par rayonnement, Michael DeLucia conçoit ses œuvres comme la forme spatiale d’images projetées, ses sculptures décrivant le trajet d’un rayon lumineux à partir de sa source.

La mise en place de cet alphabet sensible aussi élémentaire que puissant, permet à Michael DeLucia de donner à voir l’impossibilité d’appréhender entièrement ces formes pures. Le hiatus entre la perfection du fichier 3D et les défauts qui caractérise sa réalisation concrète se manifeste tantôt dans la distorsion des images compressées sur les panneaux en reliefs, tantôt au travers des béances qui s’exhibent au cœur même des œuvres, quand la représentation se déchire : poussé dans ses limites par la machine, le matériau révèle alors son incapacité à incarner un concept ; son impuissance à matérialiser l’arc lumineux jusqu’à l’éblouissement.  

Ce témoignage d’une vulnérabilité expressive du bois contreplaqué, matériau intime et quotidien dont le choix n’est pas sans rappeler l’économie de moyen professée par les artistes de l’Arte Povera s’inscrit à rebours des superproductions de la sculpture contemporaine. Les lambeaux de bois qui s’échappent de l’œuvre la sauve de la tentation d’un académisme formel en créant une zone d’achoppement qui ouvre poétiquement la sculpture sur l’infini des possibles.

Aux confins de la figuration et de l’abstraction, de la peinture et de la sculpture, du ready made et de l’artisanal, l’œuvre de Michael DeLucia transfigure les tissus géométriques de vecteurs qu’elle donne à voir : pleins de surprise et de légèreté, ses sculptures aux lignes ondulatoires atteignent une musicalité qui rappellent le lyrisme joyeux des wall-drawings de Sol Lewitt. Dans la continuité de Rodin, Calder et plus récemment des artistes Fred Sandback et Urs Fischer, qui jouent sur le registre de la dématérialisation des œuvres, Michael DeLucia s’impose avec « Projections » comme l’un des plus importants sculpteurs de la virtualité.


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Michael DeLucia est né à Rochester, New York en 1978. Il vit et travaille à Brooklyn. Après des études de Beaux Arts à la Rhodes Island School of Design en 2001, il sort diplômé du Royal College of Art de Londres en 2004 dans la catégorie sculpture. Ancien assistant de Jeff Koons, Michael DeLucia propose des sculptures qui opèrent la métamorphose d’objets utilitaires en apparitions poétiques et humoristiques avant d’initier une série de travaux sur panneaux de bois qui offrent la représentation en relief d’objets compressés qui ont été modélisés sur ordinateur.

En 2008 à Bruxelles, la Galerie Nathalie Obadia est la première à consacrer une exposition personnelle à Michael DeLucia. Depuis, les œuvres de Michael DeLucia ont intégré de prestigieuses collections privées internationales et ont été exposées au CRAC Alsace, au Sculpture Center de New York, au MetroTech Center de Brooklyn ainsi qu’au Musée d’Art Contemporain de Détroit.